Libye : "Il faut donner au nouveau gouvernement toutes les chances de réussir"

Le ministre des Affaires étrangères et du développement international, M. Jean-Marc Ayrault, a participé le 18 avril 2016 à Luxembourg à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE.

La situation en Libye était au cœur de l’agenda de la rencontre. Les ministres se sont notamment entretenus avec le Premier ministre libyen par visio-conférence.


I- Déclarations de Jean-Marc Ayrault à son arrivée au Conseil de l’UE (Luxembourg, 18 avril 2016)

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Jean-Marc AYRAULT : « Je me suis rendu samedi avec mon homologue allemand Frank Walter Steinmeier à Tripoli pour apporter le soutien de nos deux pays, mais aussi de l’Union européenne -d’autres y sont allés ou vont y aller- au gouvernement de Monsieur Sarraj. Nous avons pu parler avec lui. C’est une étape extrêmement importante.

La question de la Libye est à l’ordre du jour de ce Conseil de l’UE à Luxembourg, avec une vidéo-conférence avec le Premier ministre libyen. Il faut absolument que ce gouvernement d’union nationale puisse se mettre au travail dans les meilleures conditions de sécurité, avec un appui politique, d’abord des Libyens -le Parlement- mais aussi de la communauté internationale. C’est indispensable pour assurer la stabilité en Libye, la sécurité des Libyens, mais aussi la sécurité des frontières.

Vous parlez du problème migratoire. Il fait partie bien sûr de cette importante question. La lutte contre Daesh fait aussi partie de cette question. De même que tout ce qui peut permettre de lutter contre les passeurs et lutter contre le trafic d’armes. Ces questions sont à l’ordre du jour de ce Conseil. J’espère que nous allons franchir de nouvelles étapes et faire de nouveaux progrès pour que la situation change et se stabilise en Libye.

Qui va recevoir l’argent pour la Libye ?

La Libye a besoin d’une aide d’urgence pour organiser ses forces de sécurité, de police, réorganiser son armée, ses gardes-frontières, ses garde-côtes. Mais la Libye a aussi de l’argent. C’est un pays pétrolier. Le gouvernement d’union nationale a le besoin de pouvoir contrôler les avoirs libyens : la banque centrale, la compagnie nationale de pétrole. D’où l’importance de cette étape qui vient d’être franchie d’un gouvernement d’union nationale qui s’est installé dans la capitale.

Mais il faut absolument lui donner toutes les chances de réussir, c’est l’enjeu de ce Conseil de l’UE".

II-Déclarations de Jean-Marc Ayrault à l’issue du Conseil de l’UE (Luxembourg, 18 avril 2016)

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Jean-Marc AYRAULT : "Nous avons assisté à un moment important : la visio-conférence avec M. Sarraj, le Premier ministre libyen. C’est un événement politique majeur. On ne pouvait pas imaginer cela il y a seulement quelques semaines. Et pourtant nous étions 28 ministres des Affaires étrangères et 28 ministres de la Défense de l’Union européenne qui écoutions ce Premier ministre, courageux, et qui veut réussir à aider son pays à trouver son chemin. Il faut donc lui apporter tout notre soutien. Un soutien politique, un soutien économique, et puis un soutien à travers une aide humanitaire d’urgence.

Nous avons ensuite adopté une déclaration commune qui a pour objectif de travailler à la sécurité, surtout dans les eaux territoriales libyennes et en méditerranée centrale. Nous avons beaucoup de travail à faire avec le gouvernement libyen, à la demande du gouvernement libyen, dans le cadre des engagements internationaux, parce qu’assurer la sécurité des Libyens, c’est une question vitale pour eux, mais c’est aussi une question vitale pour les pays de la région. C’est aussi une question vitale pour les pays européens.

Cela concerne la lutte contre le trafic humain -ceux qui exploitent les migrants. C’est aussi une action contre le trafic de drogue. C’est aussi une action contre le trafic d’armes. Il y a donc beaucoup de choses à faire et à organiser. C’est tout le chantier qui commence maintenant.

M. Sarraj s’est montré confiant sur l’issue du vote du Parlement de Tobrouk ?

Nous n’avons pas évoqué dans le détail les conditions de la réunion du Parlement. Il a simplement mentionné le fait que le Parlement était au travail et débattait des orientations qui permettraient aux Libyens de réussir le redressement dont leur pays a besoin.

Quelles sont les demandes précises faites par le Premier ministre libyen ?

Ce sont des demandes en matière de soutien, de formation pour la sécurité, et puis ce sont aussi des besoins économiques et des besoins humanitaires. C’est tout cela que nous sommes en train de faire avec les Libyens, à leur demande et dans le cadre du respect du droit international"./.


III- Conclusions du Conseil

Dernière modification : 27/04/2016

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