L’UE dialogue avec la Turquie en vue des réunions de Paris et New York sur la Syrie

Le Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, M. Harlem Désir, a participé le 14 décembre à une réunion du Conseil Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles. Les 28 recevront ont reçu à cette occasion le ministre des Affaires étrangères de Turquie.

Déclaration de Harlem Désir à son arrivée au Conseil de l’UE (Bruxelles, 14 décembre 2015)

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"Cette réunion est importante car nous allons traiter des grandes crises internationales et de la lutte contre le terrorisme.

La France a invoqué l’article 42-7 du Traité de l’Union européenne après les attentats de Paris pour mobiliser l’ensemble des Etats membres dans la lutte contre l’Etat islamique en Irak et en Syrie. La mobilisation de l’Europe est forte. Le Bundestag, la chambre des communes, tous les Etats membres ont décidé de renforcer leur engagement en Irak ou en Syrie, ou de venir en appui à nos actions au Sahel contre le terrorisme et pour la sécurité internationale.

Aujourd’hui nous allons travailler avec le ministre des affaires étrangères turc. La Turquie joue un rôle important dans la région. Elle peut notamment renforcer la sécurisation de la frontière entre la Syrie et la Turquie dans la lutte contre les combattants étrangers.

Ce soir, à Paris, Laurent Fabius réunira, pour préparer la réunion de New York sur la Syrie, le groupe des like-minded, c’est à dire les Etats-Unis, les Européens, les pays arabes, la Turquie, beaucoup de ceux qui peuvent jouer un rôle très important dans la lutte contre l’Etat islamique et le terrorisme en Syrie et dans l’organisation de la transition politique en Syrie.

La réunion qui s’est déroulée à Riyad avec l’opposition syrienne a été une étape importante. Il faut aujourd’hui que toutes les interventions soient coordonnées dans le même sens : celui de la lutte contre l’Etat islamique et contre les groupes terroristes. Il faut que cessent les bombardements du régime contre la population civile et qui puisse être enclenchée la transition politique pour une paix durable en Syrie, qui évidemment devra déboucher sur le départ de Bachar el Assad. C’est la logique même du processus de Vienne et de la rencontre très importante qui aura lieu à New York à la fin de la semaine et qui sera donc préparée à Paris ce soir et que nous allons commencer à préparer aujourd’hui avec les Etats membres de l’Union européenne et dans un dialogue avec le ministre des Affaires étrangères de Turquie.

Nous aurons également à travailler sur la Libye après la rencontre qui a eu lieu hier à Rome avec les Etats-Unis, les Etats arabes, la Turquie, les pays voisins de la Libye et le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, M. Martin Kobler, qui sera aujourd’hui avec nous à Bruxelles. Il faut maintenant que puisse être constitué un gouvernement d’union nationale en Libye. C’est l’objectif de la rencontre qui va avoir lieu ce mercredi au Maroc, à Skhirat, et qui rassemblera les représentants des deux parlements existant aujourd’hui en Libye, celui de Tobrouk et celui de Tripoli, pour constituer une seule entité, un seul gouvernement, un seul conseil présidentiel, un seul parlement, qui puisse reprendre le contrôle de la sécurité sur l’ensemble du territoire de la Libye. C’est absolument indispensable car dans le vide sécuritaire et politique qui s’est créé en Libye ces dernières années, c’est l’Etat islamique qui est en train aujourd’hui de prospérer. Cela représente aujourd’hui une menace à la fois pour les pays voisins de la Libye, les pays du Sahel, la Tunisie, mais aussi pour l’Europe. Par conséquent il y a une priorité absolue à ce que soit mis en place ce gouvernement d’union nationale en Libye qui devra avoir l’appui le plus fort de la communauté internationale. L’Europe devra se mobiliser pour aider ce gouvernement d’union nationale libyen à reconstituer un Etat, à assurer la sécurité de l’ensemble du territoire, à faire redémarrer l’économie et à assurer la stabilité de la Libye et de son environnement.

M. le ministre, où en est la Turquie avec l’UE ?

Aujourd’hui le débat avec le ministre des Affaires étrangères de Turquie va porter essentiellement sur la situation au Moyen Orient. La Turquie est un grand acteur régional. Elle a un rôle à jouer, comme les autres Etats de la région, pour régler la crise en Syrie, et en particulier pour contrôler la frontière entre la Syrie et la Turquie pour éviter que l’Etat islamique puisse faire venir des combattants étrangers, les former, les entraîner et ensuite les renvoyer dans d’autres pays. On a vu les attentats qui ont été commis à Paris le 13 novembre, mais aussi les attentats commis en Belgique, au Danemark, et également les attentats qui ont été commis à Beyrouth, ceux qui ont été commis en Tunisie, au Mali. Tout cela rend absolument impératif que la Turquie travaille avec les pays de l’Union européenne et la communauté internationale à renforcer son action dans la lutte contre les terroristes.

Par ailleurs, il y aura aussi une réunion sur l’ouverture d’un chapitre de négociation dans le cadre des relations de partenariat entre l’Union européenne et la Turquie. Il y a déjà eu de nombreux chapitres qui ont été ouverts -14 à ce jour- depuis 2005. Le chapitre qui sera discuté porte sur les questions économiques, dans le cadre des bonnes relations de voisinage entre la Turquie et l’Union européenne et de la volonté de mettre en œuvre en Turquie des réformes qui contribuent à la modernisation de la société turque, de l’économie turque. Je pense qu’il faudra aussi travailler sur les questions liées aux droits de l’homme, à la justice, aux médias, aux libertés. C’est un dialogue politique global que nous avons avec la Turquie dans le cadre d’un partenariat qui existe déjà sous la forme d’une union douanière. La Turquie est un voisin de l’UE. C’est un pays avec lequel nous devons renforcer notre coopération.

Je vous remercie"./.

Conclusions du Conseil

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Conclusions du Conseil (pdf., 36 ko)

Dernière modification : 18/02/2016

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